Poser un bardage pour isoler les murs extérieurs

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Le bardage bois est un moyen élégant et à la mode pour rajeunir une façade défraîchie. Il permet aussi l'installation d'une isolation thermique par l'extérieur, en protégeant l'isolant des agressions extérieures et en ménageant une lame d'air pour le laisser respirer.

Isolation thermique par l'extérieur et bardage

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Vue en coupe d'une pose d'un bardage

Les procédés d’ITE, Isolation Thermique par l’Extérieur, forment une grande famille qui se décline à l’infini en fonction de la nature du support à protéger, de l’isolant utilisé et de l’aspect extérieur recherché. En rénovation, le plus répandu est l’isolation sous enduit, qui reprend l’apparence classique des maisons maçonnées. Ou encore le vêtage, qui consiste à plaquer le matériau de finition contre l’isolant, sans lame d’air. Dans le cas d’une isolation sous bardage, l’isolation thermique, en matériau de synthèse ou en laine, minérale ou végétale, reste solidaire de la façade. Mais le revêtement de finition, le bardage, est posé sur une ossature secondaire et ménage ainsi une lame d’air de ventilation.

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Le bardage est posé sur une ossature secondaire et ménage ainsi une lame d’air de ventilation.

L'importance de la lame d'air

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Les fonctions de cette lame d’air sont nombreuses. La première est de servir de première barrière à la pluie, qui ne parvient pas directement jusqu’à l’isolant. La deuxième est de permettre une évacuation correcte de l’humidité, qu’elle provienne du bardage ou qu’elle soit issue de l’intérieur de la maison, lorsque l’isolant n’est pas étanche. Le troisième rôle de la lame d’air est d’assurer une certaine indépendance entre le revêtement de finition et le reste du mur, et de permettre à ces deux ensembles de réagir différemment aux sollicitations provoquées par les intempéries. Cette fonction est particulièrement sensible pour les bardages en bois ou dérivés, très sensibles aux variations d’humidité et de température. Le dernier intérêt de cette indépendance est la possibilité de procéder au remplacement du bardage, dans quelques années, sans avoir à intervenir sur l’isolation. Ce marché, encore balbutiant, est appelé à connaître une belle croissance dans les années à venir, lorsqu’il deviendra nécessaire de remplacer les bardages installés aujourd’hui.

La pose en vidéo

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La pose en douze étapes

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2019 - Pages : 088-089-090-091-092 - Poser un bardage bois

L’ossature se compose de voliges à bords droits, utilisées comme des lisses. Cette pose directe n’est possible que dans certains cas seulement. Les trous de fixation sont percés au travers de la planche, de l’isolant, jusque dans le mur.

La cheville en plastique est d’abord enfilée dans le trou jusqu’à la collerette. Il n’est pas indispensable que la volige soit sur un plan horizontal parfait. Pour une fois, une certaine tolérance est admise.

Le clou est enfoncé dans la cheville au marteau, puis l’ensemble est bloqué par un dernier vissage. Il faut faire en sorte que la cheville et la tête de clou ne dépassent pas de la volige.

L’intervalle entre deux lisses ne dépasse pas 60cm. Les lisses hautes et basses sont fixées au ras des limites de pose. Tous les points singuliers sont bordés d’un encadrement placé à 2cm en retrait des arêtes.

La grille anti-rongeur est vissée sous la lisse basse. Elle est choisie de manière à fermer le passage entre le bardage et l’isolant. A défaut, elle est recoupée sur mesure.

La pose débute dans un angle de façade. Le bardage qui habillera l’autre côté de l’angle est installé provisoirement de manière à aligner leurs arêtes. Seule la vis supérieure est posée.

Le bardage est réglé verticalement au niveau à bulle avant de poser la vis du bas, puis les vis intermédiaires, sur chaque volige. Le réglage de couple de la perceuse permet d’encastrer la tête de vis sans l’enfoncer.

Les clins suivants sont emboîtés sur la rainure de l’élément déjà posé. Ils sont calés au maillet, puis vissés après un contrôle ponctuel de l’alignement vertical.

En partie basse, le bardage ne repose pas directement au sol. Cet espace minimum est réglé par l’épaisseur d’une volige. D’autres systèmes de fixation font appel à des agrafes ou des clips.

Les découpes sont réalisées à l’avancement, sur mesure. Les cotes sont relevées sur la partie concernée, sans prévoir de marge de dilatation, sauf pour de grandes longueurs.

Les découpes droites pour les mises en longueur sont réalisées à la scie radiale ou, à défaut, à la scie circulaire, qui assurent une coupe franche directement sur le parement visible.

Les découpes complexes sont plus faciles à réaliser avec une scie sauteuse, mais sur l’envers du bardage cette fois, sauf à utiliser une lame à denture inversée.

Les points-clés

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1-Pose discontinue
Le principe de pose du bardage ventilé consiste à assurer une circulation d’air permanente à l’arrière du revêtement, en disposant les supports en quinconce.

2-Grille anti-rongeur
Une grille anti-rongeur placée sous la planche de départ interdit aux souris d’élire domicile ici.

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Pour aller plus loin

Te Technique

Pose verticale ou horizontale ?

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- Il est possible d’orienter les lames verticalement ou, comme ici, horizontalement ou même en biais. Il suffit pour cela d’adapter l’ossature qui reste perpendiculaire au sens de pose en toutes circonstances, et discontinue pour favoriser la ventilation en sous-face. Les poses en biais compliquent le traitement des points singuliers, comme les angles, les soubassements, les linteaux sous toiture, etc.

- Le bois massif n’est pas le seul matériau de bardage. Il existe des produits composites en résine, en fibreciment, en stratifié, en PVC… des bardages métalliques, en feuilles ou en bacs, laqués ou non, en acier, en aluminium ou en zinc.

No Normes

Bardage : remarques générales

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- La mise en œuvre des procédés de bardage rapporté à lame d’air ventilée sur une isolation thermique extérieure a fait l’objet d’une publication dans le cadre des Règles de l’Art Grenelle Environnement, RAGE pour les intimes, parue en Mai 2015. Ces recommandations professionnelles résumées en 191 pages sont en accès libre sur Internet et il sera fort utile aux candidats installateurs de s’y rapporter scrupuleusement, en neuf comme en rénovation. Pour un bardage en bois, posé sur une ossature secondaire en bois, il convient de se référer au DTU 41.2.

- Outre son aspect esthétique, le bardage protège l’isolation des intempéries, des écarts thermiques et des chocs.

- L’épaisseur des liteaux est au moins égale à celle de la lame d’air nécessaire à la ventilation, avec un minimum de 22 mm.

- Les supports les plus courants sont les murs en béton ou en maçonnerie, plans, propres et secs. Ils sont également sains, sans fissure importante pouvant affecter la solidité de l’ouvrage, et doivent assurer l’étanchéité à l’air. Pour résumer, l’isolation par l’extérieur et son bardage ne sont pas des cache‑misère. Tous les désordres habituels des maçonneries anciennes doivent être réparés, avec une mention particulière pour les remontées d’humidité depuis le sol par capillarité. En effet, une fois enfermée derrière l’isolant, la façade éprouvera de grandes difficultés à sécher.

Si la réalisation de l’isolation par l’extérieur et du bardage rapporté est relativement simple en partie courante, chaque point singulier doit être traité de manière spécifique, afin d’assurer la continuité de l’isolation, sans mettre en cause la résistance du bardage.