Maisons de Haute-Loire

Dans un décor magnifié par les colères de la Terre se dresse un pays où la nature est spectacle ! S’y succèdent gorges creusées par d’impétueux torrents, vallées tapissées de vertes prairies, villages perchés sur leurs pitons volcaniques ou lovés dans de spectaculaires cirques rocheux, orgues basaltiques… À la croisée du Languedoc et de l’Auvergne, la Haute-Loire distille un petit air d’Italie méridionale avec ses villes coiffées de tuiles rouges et ses églises aux coupoles orientales ! Sur une centaine de kilomètres, la jeune Loire et son affluent l’Allier la traversent, s’écoulant dans des vallées qui se rétrécissent en gorges rocheuses.

Styles

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Une dizaine de pays compose la Haute-Loire. Les styles de maisons se distinguent surtout par les pierres utilisées, basalte en pays volcanique, granit de différents coloris comme près de la Chaise-Dieu, ou même les galets à proximité immédiate de la Loire.

le nuancier du forez
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Côté Architecture

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Maisons de la Foi… ou pour la vigne

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Au XIXe siècle, des femmes pieuses (appelées béates), gagnent le Velay pour aider aux travaux des champs, soigner les habitants, enseigner le catéchisme, la lecture ou… la pratique de la dentelle. Pour les accueillir, on bâtit des « assemblées », maisons plus ou moins vastes abritant une salle commune au rez-de-chaussée, et à l’étage des chambres desservies par un couloir central. Fixée en haut de l’un des pignons, une petite cloche rythmait les exercices et sonnait l’Angélus. Jusqu’au XIXe siècle, l’économie de la région de Brioude reposait sur la vigne cultivée en terrasse. Bâties sur cave, les maisons abritaient au rez-de-chaussée un pressoir et une cuve à vendange tandis que l’habitation à l’étage est accessible par un escalier extérieur s’ouvrant sur l’estre (perron ou galerie). Indépendants ou adossées à celles-ci, des bâtiments (grange, écurie, bergerie… surmontées d’un fenil et d’un pigeonnier) permettaient d’autres fonctions agricoles et pastorales.

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D’un seul tenant, la grange-étable abritait hommes et bêtes durant les longs mois d’hiver.

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Fermes pour affronter l’hiver

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En zone montagneuse, la ferme type est la grange-étable dotée d’un volume massif adossé à un repli de terrain pour offrir le moins de prise au vent et à la neige. D’un seul tenant, elle abritait hommes et bêtes durant les longs mois d’hiver tandis que les fourrages prenaient place sous la toiture. Placé à l’extrémité ouest, le logis abritait une salle commune et une laiterie. Peu élevées pour affronter les rigueurs du climat, ses façades (aveugles au nord et percées de fenestrous au sud) sont couvertes d’une imposante toiture à quatre pans. Ailleurs domine la ferme à éléments séparés, simple grange-logis enrichie au fil des générations d’une habitation, d’une remise, d’un four, d’un poulailler…

Côté Rénovation

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L’architecture comme le milieu naturel (domestiqué pour en exploiter les ressources) reflètent une parfaite maîtrise de ses matériaux locaux. Si vous devez consolider ou reprendre en élévation un mur (façade, pignon…), respectez les modes d’appareillage et les matériaux employés qu’ils soient à pierres vues ou destinés à être enduits.

1. Le toit et son isolation

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La conquête de l’espace
Conçus pour engranger de grandes quantités de fourrage lors des longs mois d’hiver, les fenils offrent souvent de beaux volumes pour la création d’un comble habitable. À condition toutefois d’isoler la toiture. Pour les rampants, l’isolation peut se faire de l’intérieur ou de l’extérieur moyennant la dépose complète de la couverture. L’isolation des rampants par système de double couche croisée (ou bicouche) est la solution la plus simple. On place la première couche d’isolant entre les chevrons, la seconde sur ces derniers. L’étanchéité à l’air est assurée par un film pare-vapeur qui protège l’isolant de l’humidité intérieure. Lorsqu’il n’y a pas d’écran de sous toiture, il faut veiller à préserver une lame d’air ventilée entre l’isolant et la couverture (lauzes, tuiles). L’isolant disparaît ensuite sous un habillage (plaques de plâtre, lambris, planches rabotées) fixé sur une ossature métallique ou en tasseaux de bois. Performant et économique, ce type de pose diminue toutefois la surface habitable et cache les chevrons de la charpente. Côté isolant, vous avez l’embarras du choix entre les produits issus de l’industrie et les isolants végétaux apparus plus récemment. La laine minérale (verre ou roche) offre toujours le meilleur rapport performance/prix. Efficaces, les isolants naturels sont aussi plus coûteux (laine de bois, de chanvre, de cellulose, de lin, liège expansé). Sous combles, les isolants comme la cellulose ou les fibres de bois sont avantageux car ils réduisent les surchauffes estivales et renforcent l’isolation acoustique.

Bien au chaud l’hiver
Le choix de l’isolant et de son épaisseur dépendent de deux mesures spécifiques : la conductivité thermique ou « valeur lambda » qui exprime la quantité de chaleur traversant, en 1 seconde, 1 mètre de matériau homogène. Plus sa valeur (exprimée en W/m.K), est petite, plus le matériau est isolant. À l’inverse des métaux, les isolants ne conduisent pas la chaleur mais lui opposent une résistance thermique (ou R). Exprimée en m2.K/W, elle s’obtient par le rapport de l’épaisseur de l’isolant sur sa conductivité thermique (lambda). Ainsi, plus R est élevée et meilleure est sa performance thermique. Selon les normes actuelles, la toiture doit offrir une résistance thermique R supérieure ou égale à 4 m2.K/W. Mais il est préférable d’opter pour une valeur R d’au moins 5 ou 6 car le comble n’en sera que plus confortable. Si l’isolant choisi a un lambda de 0,035 W/m.K, il faut en théorie une épaisseur de 21 cm pour obtenir une valeur R = 6 m2.K/W. Cette épaisseur est calculée en multipliant R par la valeur lambda de l’isolant (5 x 0,035 = 0,21 cm). Aujourd’hui, les fabricants se doivent d’afficher la performance thermique de leurs isolants, une valeur qui s’exprime exclusivement par la résistance thermique R propre à chaque type de produit. Notez que pour bénéficier d’un crédit d’impôt, les travaux doivent être réalisés par une entreprise (fourniture et pose d’isolant certifié Acermi), dans une résidence principale, et les valeurs exigibles sont a minima R= 6 m2 *K/W en combles aménagés et R = 7 m2 *K/W en combles perdus.

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Grâce à une poignée d’artisans passionnés, la couverture en chaume, ce couvre-chef végétal retrouve vie ici et là.

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Ciel ma coiffure !
Économique, isolant et léger, le chaume (paille de seigle, genêt, bruyère), coiffait bien des toits auvergnats jusqu’au XIXe siècle ! Pour peu qu’ils soient conçus avec une pente fortement inclinée (de 50 à 60°) pour assurer un rapide ruissellement de la pluie. En raison de sa légèreté, la charpente des chaumières se réduisait à quelques fermes de petites sections solidarisées par une panne faîtière tandis que des branches de châtaignier étroitement entrelacées faisaient office de lattage. Grâce à une poignée d’artisans passionnés, ce couvre-chef végétal retrouve vie ici et là. Ils mettent en œuvre des tiges de seigle coupées l’été puis séchées et égrainées (pour interdire la présence d’oiseau). L’extrémité des javelles (cloissoux ou cleus), est fixée entre les lattes avec des liens en seigle, ronce ou osier (25 à 30 bottes/m2). Au sud, la tuile canal rouge orangé coiffe tout ou partie des toits de pente variable (de 20 à 40°). Posées sur des voliges jointives, elles étaient lestées à intervalles réguliers avec des pierres tandis que les tuiles faîtières étaient scellées au mortier de chaux pour résister aux assauts des vents. Esthétiques car tout en relief nervuré, les arêtiers sont protégés par un caniveau de tuiles courantes recouvert de part et d’autre d’un rang de tuiles de couvert.

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2. Se chauffer par le sol

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Un sol plein de ressources
Abritant de grandes surfaces (sols, planchers) sous de hauts volumes, les fermes du Massif central se prêtent souvent à la pose d’un plancher chauffant. Absence de radiateurs peu esthétiques, gain de place, économies d’énergies liées au mode basse température : ses atouts sont variés. En hiver, il rayonne une chaleur douce et homogène. Réversible l’été, il rafraîchit l’air grâce à la circulation d’eau froide. Il existe trois systèmes, aux coûts et performances distinctes, qu’il convient d’étudier pour déterminer lequel est le plus adéquat. Le « doyen » est le plancher formé de dalles isolantes (polystyrène expansé), sur lesquelles on déroule un tuyau (polyéthylène réticulé), avant de le noyer sous une chape d’enrobage. D’un coût abordable, il oppose cependant une forte inertie thermique liée à l’épaisseur de la dalle de béton (épaisse de 8 à 10 cm). D’où une faible réactivité du chauffage (hausse ou baisse), suivant la température extérieure. Des sondes extérieures reliées à des thermostats électroniques programmables permettent toutefois de réguler la température suivant les heures de la journée, sur plusieurs jours ou semaines. Restent un temps de séchage long (au moins 20 jours) et l’épaisseur du plancher qui peut parfois contraindre à ajuster les portes et remonter les prises de courant.

Cure de minceur
Plus évolués, les planchers minces se composent de dalles haute densité à « picots » (7 cm d’épaisseur), qui se contentent d’une chape mince (3,5 cm). Après séchage (3 à 4 jours), une natte de désolidarisation est collée avant la mise en œuvre du revêtement (carrelage, terres cuites, parquet). Ainsi conçus, ils offrent une faible inertie, gage d’une gestion réactive du chauffage (montée en température rapide).

Condensé d’innovations technologiques, les planchers chauffants « secs » se distinguent par leur minceur (4 à 6 cm en tout), leur légèreté (six fois moins lourds qu’un plancher « traditionnel »), qui facilitent une mise en œuvre en étage et une utilisation quasi immédiate. Ils se composent de dalles isolantes (polystyrène expansé de forte densité), revêtues d’une pellicule d’aluminium (pour une bonne diffusion de la chaleur). Grâce à leurs rainures, on insère directement deux tubes dans l’épaisseur de chaque plaque (système double flux inversé). L’ensemble est recouvert d’une chape sèche en plaques (ciment cellulosé, composite ciment/basalte, gypse renforcé), posées bord à bord avec un mortier colle, puis revêtues de sol en pose flottante collée (parquet, carrelage), après interposition d’une sous-couche polyéthylène-aluminium

Côté Culture

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Histoire et géographie

Créé en 1790, le département de la Haute-Loire est constitué de montagnes moyennes. Pour l’essentiel, son économie est agricole. Quelques industries sont présentes comme la dentelle au Puy. Le tourisme est désormais une activité importante.