Guide de la maison
"Tous nos conseils pour vous guider dans vos travaux"
Partagez sur Facebook Twitter Partager par e-mail Lancer l'impression

Cabane dans les arbres

Un projet de construction dans les arbres doit faire l’objet d’une étude préalable poussée qui commence par l’objectif recherché. Car, à l’inverse d’un bâtiment standard, la nature est ici chez elle et c’est la construction, aussi soignée soit-elle, qui se  greffe par-dessus.

Ainsi, en plus des précautions à prendre pour préserver la santé des hôtes supports, il ne faut pas oublier que cela reste une cabane, habitée par toute la faune présente naturellement dans les arbres : vous devrez composer avec les insectes, araignées, petits rongeurs, lézards et autres oiseaux curieux.

Le second  paramètre est l’humidité. Préserver l’arbre. Une cabane perchée est intimement liée à son arbre : si l’arbre meurt, la cabane  s’écroule. Or, naturellement, un arbre n’est pas fait pour supporter une charge artificielle, totalement différente à sa structure naturelle déterminée par la répartition de la ramure, sa forme et son développement. Il est adapté pour conserver une certaine souplesse, pour résister aux vents, au poids de ses feuilles ou de ses fruits, pour suivre l’ensoleillement, mais certainement pas pour endurer plusieurs centaines de kilos en charge fixe et permanente. 

La première règle est donc de choisir un arbre plutôt âgé car sa croissance est plus lente et son diamètre de tronc est important. Il faut aussi qu’il soit  parfaitement sain. Il doit encore permettre une implantation qui n’oblige pas à  tronçonner des branches charpentières. Si l’arbre est frêle, il ne doit pas participer au soutien de la cabane : celle-ci est alors supportée par une structure sur pilotis ancrée dans le sol. Une autre solution consiste à prendre appui sur plusieurs troncs. 

La seconde règle découle de la première : chaque projet est unique. Il n’est pas possible d’adapter un plan établi. Cela concerne aussi bien la cabane elle-même et ses aménagements que les techniques de fixation. Il s’agit toujours d’un jeu d’équilibrage, de reprise de charge et de gestion des porte-à-faux. Le  tout en tenant compte des effets du vent et des charges admissibles sur le  plancher, qui sont identiques à celles d’une maison classique. Supporter sans blesser. Il arrive trop souvent encore que la cabane soit assise sur des sabots métalliques ancrés par des tirefonds directement vissés dans les troncs. C’est une source d’infection pour l’arbre, qui réagit en se nécrosant autour de la blessure, puis en  produisant des bourrelets cicatriciels : la greffe est rapidement rejetée. 

Prendre appui, sans percer, ni étrangler 

L’entrait moisé consiste à enserrer le tronc à la manière d’un étau en utilisant  deux grands boulons pour réunir les deux pièces de bois. Le procédé présente l’avantage d’être facilement ajustable, et de suivre la croissance de l’arbre. Le support par filin d’acier gainé doit être surveillé car il peut étrangler la montée de sève et provoquer l’apparition d’un bourrelet. Il faut donc le réadapter chaque année, en automne. Mais la répartition des charges est plus régulière. Le jambage en appui est un moyen élégant mais qui demande une bonne maîtrise des équilibres, de façon à ce que la charge soit également répartie sur toute la périphérie du tronc. Une cale en bois plus large préserve l’écorce. Les colliers en acier sur mesure constituent probablement la solution la moins agressive pour l’arbre. La charge est continue sur tout le périmètre, sur deux voire trois colliers, et parfaitement dirigée vers le bas, dans l’axe du tronc. La croissance est facile à accompagner.