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Réaliser un réseau en tubes de cuivre

La méthode classique et noble de la plomberie est celle du cuivre qui nécessite toutefois un savoir-faire d’artisan ; bien sûr les soudures par brasage restent réalisables mais c’est une affaire de pros. On vous propose une démonstration ici avec brasage tendre. Sachez qu’il existe plusieurs types de tubes en cuivre : le recuit, cintrable à la main et vendu en couronne (destiné à être encastré) et l’écroui plus beau, droit, vendu en barres de 1 à 5 m mais qui doit être chauffé pour être cintré.

Les types de raccords peuvent varier : vous avez sans doute entendu parler du collet battu. Très courant en plomberie, cet ouvrage est utilisé, entre autres, pour raccorder les flexibles de robinetterie et les robinets d'arrêt. Le collet battu est un façonnage réalisé au bout d'un tube. Son extrémité, évasée et aplatie, sert de butée à un écrou spécial, et de surface d'appui au joint plat assurant l'étanchéité du montage. Deux techniques permettent de réaliser un collet battu : l'une à froid (le matriçage), l'autre à chaud (le brasage). Dans les deux cas, le collet battu ne peut ensuite être retiré, à moins de couper le tube…. N'oubliez pas l'écrou !

Le matriçage fait appel à une matrice à plusieurs alésages (Ø de 4 à 16 mm ou plus), ainsi qu'à un étrier à pointeau. L'un et l'autre servent à réaliser le collet battu directement au bout du tube. Pour ce faire, le tube est serré dans l'alésage correspondant de la matrice. Puis, son extrémité est progressivement évasée et écrasée par le pointeau de l'étrier, bridé sur la matrice.

Le brasage consiste à souder un collet battu préfabriqué (en laiton ou en cuivre) au bout du tube. Il exige un chalumeau monogaz ou une lampe à souder.

Le brasage : tendre ou fort
Outre l'aboutage de deux tubes (par emboîture), cette technique permet de mettre en oeuvre tous les raccords préfabriqués aux diamètres des tubes : coudes à 45 et 90°, tés, manchons, chapeaux de gendarme et clarinettes (permettant de contourner un autre tuyau).


Disponibles partout, ces raccords s'adressent surtout aux amateurs. Les professionnels, eux, préfèrent cintrer les tubes et les braser entre eux. Ce qui demande un peu plus de matériel et de technique, mais permet de disposer d'un réseau plus fiable : moins de soudures = moins de risque de fuites ! Un tel réseau est aussi plus performant sur le plan hydraulique, le rayon des tubes cintrés étant en général bien supérieur à celui des coudes à 90°. Ce qui réduit les pertes de charge et permet de conserver une meilleure pression.

Les deux types de brasage se différencient par la température de chauffe : toujours indiquée sur la pièce et non à la flamme où, pour compenser les déperditions, elle doit être deux fois supérieure. Cette température ne dépasse pas 300 à 400° C sur les pièces pour le brasage tendre, alors qu'elle doit atteindre 450 à 500° C pour le brasage fort (ou soudobrasage).

Suffisants pour les conduites d'eau froide, les 400° C du brasage tendre sont la température du point de fusion de la brasure au plomb ou à l'étain. Laquelle est mise au contact du métal (jamais de la flamme), pour filer ensuite autour de l'assemblage, remplissant par capillarité les interstices séparant les pièces.

Les conduites d'eau chaude exigent, elles, un brasage fort, à cause des dilatations et des rétractations qu'elles subissent continuellement. Les 900° C à la flamme permettent d'atteindre le point de fusion des baguettes au cuivre-phosphore, indispensables à cette application.

Quel que soit le brasage, les surfaces de contact doivent au préalable être dégraissées (à l'alcool à brûler ou à l'acétone), passées à la toile émeri fine (ou à la laine d'acier), puis enduites d'un flux décapant et désoxydant. Cette préparation garantit un bon "mouillage" de la brasure et, par la suite, l'absence de fuite.