Guide de la maison
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Cuisine d'aujourd'hui et de demain

Voici ce qu'une cuisine contemporaine doit vous offrir ou... va vous proposer. Avec la domotique, l’afflux d’objets connectés, notre cuisine devient un véritable espace de vie high tech, reflet de nos nouveaux modes de vie et labo de toutes les innovations… la maison du futur s’invente dans la cuisine !

Avec ses Top Chefs devenus stars, ses émissions culinaires qui ressemblent à de la télé-réalité, ses best-sellers de recettes qui se vendent comme des petits pains, ses magazines et sites qui cartonnent, la cuisine se prend de plus en plus au sérieux ! C’est devenu une activité valorisée, ludique, sociale, dans laquelle chacun peut exprimer sa créativité… et se rêver chef cuisinier !

L’implantation de la pièce, comme les tendances en mobilier et en électroménager, reflètent cette valorisation et cette « professionnalisation » croissantes. Non seulement la pièce ne se cache plus, mais elle s’ouvre et se conçoit comme celle des grands chefs.


Une cuisine de pros

Elle est plus pratique pour cuisiner mais aussi pour recevoir. Dans les tendances, adieu donc les I ou les L : la cuisine actuelle est en U, décloisonnée, avec îlot central. À condition d’avoir la place : il faut pouvoir circuler autour de ce dernier, en comptant 70 cm pour pouvoir passer et au moins 90 cm pour ouvrir placards et tiroirs. Le point d’eau, à la fois zone de lavage des ustensiles et de préparation, se positionne idéalement au centre de l’ilôt, sur un plan de travail de 40 à 60 cm, avec placards et tiroirs à portée de main. Et s’il y a un bar, il faut prévoir une largeur de 60 cm pour chaque couvert, et une hauteur de 90 à 110 cm pour une utilisation avec hauts tabourets.

Cette organisation se module selon les besoins, les nouveaux modes de vie, plus mobiles, plus individualistes… autant de facteurs qui redessinent le rituel de la table, pour s’adapter aux nouvelles organisations du travail et des loisirs. Loin des obligations du dîner classique, le traditionnel repas en famille fait place en semaine aux repas rapides, aux grignotages et au snacking. La cuisine s’adapte, évolue selon les besoins de chacun et des différentes périodes de la journée. Produits et accessoires personnalisés remplissent leur fonction mais deviennent également une expression de l’identité de chacun. « Modularité et flexibilité deviennent de plus en plus importantes dans les cuisines d’aujourd’hui », remarque le chef Massimiliano Alaimo. « Afin de concrétiser cette tendance et de modifier l’ambiance de la cuisine, on peut avoir recours à quelque chose d’aussi simple que des lampes à variateur, des éléments aspirant à la transformation, comme au théâtre. » Whirlpool a développé en 2013 une Fireplace (ci-dessous) où la lampe joue le rôle de hotte aspirante et de caméra de surveillance des aliments. Des lampes en forme de flammes chauffent le plat  !

Une cuisine théâtralisée… et connectée 

L’individualisation, c’est aussi… la connexion à nos joujoux favoris ! Les nouveaux modèles de fours ou réfrigérateurs se connectent via votre tablette ou smartphone : ce n’est plus de la science fiction. Ainsi par exemple, certains réfrigérateurs vous préviennent quand ils sont vides, vous concoctent une liste de courses qui s’affiche sur l’écran tactile intégré dans la porte… et peuvent aussi se synchroniser avec votre smartphone. Autrement dit, votre frigo est capable de vous appeler au bureau pour vous prévenir qu’il ne contient plus de beurre… et vous rappeler d’en acheter avant de rentrer ! Et bon copain, il peut aussi vous proposer des idées de recettes… en fonction de ce qui reste sur ses étagères. Quant aux fours les plus récents, désormais dotés d’un écran tactile, ils sont capables de télécharger des applications avec des recettes et cours de cuisine à visionner… sur leur porte. Et pour compléter le spectacle, on peut même programmer de la musique, via une playlist. Tout récemment, sur le salon international IFA 2014, à Berlin, il a été également présenté un four équipé d’une webcam connectée permettant de vérifier sur votre smartphone ou votre tablette la bonne cuisson de vos plats !

Des fabricants ont développé des concepts de plaques à induction intelligentes qui détectent les ustensiles présents sur le plan de travail et peuvent faire tourner la cuillère dans la casserole… pour éviter tout grumeau dans la sauce.

La première « table de cuisson connectée » a également fait sensation lors de l’IFA 2014. Non seulement ses zones de cuisson flexibles et intelligentes reconnaissent automatiquement le plat et adaptent instantanément leur puissance et leur température, mais elle associe aussi à ces compétences (désormais presque « classiques » !) celles d’une tablette tactile et d’un assistant de cuisson. Connectée aux autres appareils électroménagers, elle connait le temps restant du cycle du lave-linge ou encore le contenu du réfrigérateur. Des logiciels analysent ces données et proposent ainsi à l’utilisateur des recettes adaptées aux ingrédients qu’il possède, puis l’accompagne pas à pas dans la réalisation de son plat. Pendant la cuisson, il peut prendre un verre entre amis (la table, à travers son écran tactile, lui conseillera un vin) au son de sa playlist (gérée depuis la table de cuisson) ou encore consulter ses emails, naviguer sur le web, aller sur les réseaux sociaux (qui sont directement accessibles sur la plaque !). La table de cuisson devient ainsi un véritable centre de contrôle avancé de la cuisine du XXIe siècle !


Une cuisine… auto-productive !

« Pendant l’hiver, dans nos cuisines surchauffées, pourquoi ne pas faire pousser des tomates ou des kiwis ? Une agriculture urbaine ‘faite maison’ est en train de se développer. Il y a par exemple des familles qui produisent du miel de haute qualité à Paris ! En regardant une carte des ruches sur Paris, vous pourrez constater qu’elles sont de plus en plus nombreuses », s’enthousiasme Inga Sempè, designer française. Avec le concept « Fresh Connect », un herbarium recrée l’environnement idéal pour cultiver herbes et épices tout au long de l’année.

 

Du bois au Corian... même les matières changent

La première cuisine moderne, installée toute équipée avec mobilier et électroménager intégré, en 1926 (la fameuse « cuisine de Francfort ») faisait la part belle aux matériaux nobles et massifs. Bois de chêne pour les tiroirs - car cette essence éloigne les vers de la farine - bois de hêtre pour le plateau des tables, parce qu’il résiste aux taches, aux acides et au tranchant des couteaux. En 1953, SieMatic, roi du buffet de cuisine (plus d’un million d’exemplaires vendu depuis les années 1930), innove en imposant le frêne japonais sur sa première cuisine intégrée, baptisée « Goldrüster ». Mais au cours des années, le massif, trop coûteux, devient marginal.

Quand le bois se fait plaquer  !

Aujourd’hui, c’est le bois plaqué qui domine la cuisine. Il est constitué d’une pellicule de bois collée sur des panneaux de particules, recouverte d’un vernis polyuréthane, pour une meilleure tenue et un entretien plus facile. Alternatives possibles, le lamellé collé (réalisé à partir de lattes de bois massif collées chant contre chant) ou le MDF (médium) à base de fibres de bois et de résine. Très résistants à l’abrasion, aux rayures, aux chocs, et d’un entretien facile, ces stratifiés ou mélaminés jouent les faussaires avec habilité : ils peuvent imiter diverses matières, dont la pierre, l’inox, le bois massif ou laqué, et permettent toutes sortes de coloris et de finitions (mate, satinée ou brillante). Ainsi, bien que la laque ait toujours ses adeptes dans les cuisines haut-de-gamme, avec sa finition sophistiquée et sa grande durabilité, on peut obtenir un effet « laqué » beaucoup moins coûteux sur des panneaux de medium, grâce à des revêtements polymères moulés à chaud et revêtus d’une peinture acrylique-polyuréthane donnant un effet miroir.

Côté crédences et plans de travail, le verre fait une incursion remarquée dans les cuisines design, version semi-opaque, dépoli ou laqué. Le béton ciré, très cher, s’applique sur mesure pour un style « industriel ». Il est souvent marié à l’inox, qui peut s’utiliser à la fois pour le plan de travail et l’évier, avec de nouvelles finitions brossées, toilées ou structurées qui le rendent moins sensible au calcaire, aux traces de doigts et aux rayures. La pierre, également tendance, a aussi ses imitations comme le Corian, une pierre de synthèse toute aussi chère, voire plus, que les grès, marbres et pierres bleues ! Il faut dire qu’elle permet de réaliser des plans de travail avec évier en continuité, parfaitement lisses et d’une solidité à toute épreuve. Le carrelage en céramique, avec évier dans la même matière, reste une option classique et économique, mais la céramique peut aussi se faire high-tech, en se présentant non plus sous forme de carreaux, mais d’un support lisse de 6 mm d’épaisseur, recouvert de deux couches fines de céramique, pour un plan de travail costaud, hygiénique et brillant, disponible en nombreux coloris. On peut aussi créer ce dernier, avec évier d’un seul tenant, par moulage en résine de synthèse.  Enfin, le stratifié reste le matériau le plus basique, le moins cher et le plus répandu. Il peut être post-formé et recouvrir le chant du plan de travail, pour une meilleure finition.

Le bois n’a pourtant pas dit son dernier mot : on note son retour, version « massif » (au moins d’aspect) jusque sur les plans de travail. Il donne un cachet écolo, rustique et authentique très en vogue. En hêtre, chêne, teck, il est généralement proposé sous la forme de panneaux lamellés-collés, en diverses épaisseurs. On l’entretient en le huilant, afin de le rendre imperméable aux taches et à l’eau.

Côté quincaillerie, ça bouge aussi !

En 1960, Siematic invente les poignées intégrées, donnant naissance à ce qui deviendra un grand classique de la cuisine. Dans les années 2000, les poignées ont tendance à disparaître totalement, avec des tiroirs et placards qui se font plus discrets que jamais. Leur ordonnance est camouflée dans l’alignement des meubles et ils se referment seuls et sans bruits grâce à des amortisseurs : la quincaillerie aussi devient high-tech !

 

L'énergie induite et intelligente

L’induction est à ce jour le mode de cuisson le plus économe et le moins énergivore : cette technologie offre une qualité de cuisson exceptionnelle et permet de réduire jusqu’à 50 % le temps de cuisson, tout en faisant économiser jusqu’à 50 % d’énergie. On l’utilise déjà depuis plusieurs années pour les tables de cuisson, mais voilà que cette technologie s’invite dans le four : une plaque induction au fond de la cavité permet de chauffer à la même température chaque centimètre du plat, en un temps record: les tomates farcies sont prêtes en 24 minutes au lieu de 51 minutes au four traditionnel.


Des brûleurs gaz  à la table modulable

Aujourd’hui, les tables à induction sont déjà capables de gérer automatiquement le point d’ébullition, pour des cuissons précises sans risque de débordement. Dotées de zones de cuisson intelligentes et modulables, elles peuvent détecter automatiquement le mouvement et la position des récipients utilisés et dispenser uniquement l’énergie nécessaire au chauffage, en un temps record. Elles s’utilisent en zones indépendantes, ou comme une seule zone de cuisson. Quel que soit l’endroit où on pose le plat… il chauffe !

Une cuisine verte

Le concept très novateur Greenkitchen™ (image ci-dessous), déjà en partie commercialisé, préfigure aussi la cuisine du futur : connectée, mais également écolo. Inspirée de l’écosystème, elle permet de consommer 70 % d’énergie de moins qu’une cuisine standard. Comment ? Simplement en « mutualisant les énergies » : les appareils intelligents (tous interconnectés) partagent l’eau et la chaleur consommées. Ainsi, la chaleur dégagée par le compresseur du réfrigérateur est utilisée pour chauffer l’eau du lave-vaisselle. Cette innovation permet de réduire la consommation énergétique du lave-vaisselle de 10 % . Par ailleurs, l’eau propre s’écoulant dans l’évier est recueillie, soumise à un traitement antibactérien et stockée dans un réservoir externe, qui va alimenter le lave-vaisselle : l’économie ainsi réalisée est de plus de 7 litres d’eau par cycle. Recyclée et purifiée, l’eau reste à disposition dans le réservoir et peut également servir à arroser les plantes ou à laver le sol. Pour l’instant, seul le module permettant de relier réfrigérateur et lave-vaisselle est commercialisé, le recyclage de l’eau viendra plus tard. La marque a également imaginé un concept « Freshconnect » qui permettrait d’utiliser dans les immeubles un système central de refroidissement : dans chaque appartement, le réfrigérateur serait connecté à ce système. Un réfrigérateur partagé pour consommer moins d’énergie, et mieux préserver la fraîcheur des aliments !

Philips de son côté a imaginé une cuisinine Microbial. L'idée est de produire du méthane à partir des déchets organiques, gaz récupéré par des tubes en cuivre pour alimenter ses brûleurs ou même ses lampes ! (image en haut de page)