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Colles et mortiers

Les liants sont conçus pour maintenir solidement les blocs entre eux. Ils servent aussi à la création artistique : sans eux, pas d’arc ni d’arrondi ! 

La souplesse d’une brique ou d’un bloc béton reste à démontrer. Aussi, pour créer un arc cintré au dessus d’une ouverture ou monter une margelle de puits arrondi, il faut jouer sur l’épaisseur du joint, plus épais à l’extérieur (extrados) qu’à l’intérieur. Evidemment, cela ne concerne que les maçonneries traditionnelles montées à lit de mortier. Pour les blocs à joints minces, c’est impossible. 

Les colles pour joints minces
Les blocs à construire modernes, en béton de granulats, en terre cuite, en béton cellulaire ou autre, ont en commun leur calibrage précis. La première conséquence en est que le mortier ne joue plus de rôle compensateur et de réglage de la mise à niveau. La seconde est qu’en maçonnerie courante hors zone sismique particulière, les joints verticaux ne sont plus remplis.

Ce système de pose à joints minces laisse moins de liberté au maçon et l’oblige à une grande rigueur, renforcée d’autant par les caractéristiques isolantes de ces blocs, car un lit de mortier épais constitue alors un important pont thermique. La colle, en réalité un mortier adjuvanté fin et souple, est appliquée avec un peigne ou un rouleau spécial, différent selon le type de bloc utilisé. La souplesse d’une brique ou d’un bloc béton reste à démontrer. Aussi, pour créer un arc cintré au dessus d’une ouverture ou monter une margelle de puits arrondi, il faut jouer sur l’épaisseur du joint, plus épais à l’extérieur (extrados) qu’à l’intérieur. Evidemment, cela ne concerne que les maçonneries traditionnelles montées à lit de mortier. Pour les blocs à joints minces, c’est impossible.

Les mortiers à maçonner
Le mortier à maçonner est un mélange de sable et de liant, gâché à l’eau. Le sable donne du volume et de la consistance. Le liant assure la cohésion à l’intérieur du mortier ainsi qu’entre celui-ci et les blocs assemblés.

Les principaux liants sont le ciment, gris ou blanc, et la chaux, hydraulique principalement. Le ciment sert pour tous les types courants de montage, à commencer par les blocs béton. Vous pouvez le préparer vousmême à l’auge ou à la bétonnière selon les besoins. Il existe aussi en mélange prêt à gâcher. Dans ce cas, il est préférable d’utiliser le sac en une seule fois : les proportions du mélange pourraient ne plus être les bonnes lors d’une seconde utilisation.

La chaux entre dans la composition du mortier bâtard, à privilégier pour les montages traditionnels, en briques ou en pierres non appareillées. Elle est plus rarement utilisée pure, pour les pierres appareillées.

Il existe d’autres types de liants et de mortiers qui servent pour les maçonneries atypiques. Ils sont souvent à base d’argile. 

 

Indications de dosage
Ces valeurs sont proposées en parts de volume constant. Il suffit donc de choisir un étalon. Pour un petit chantier, utilisez un seau de plage. Pour remplir une bétonnière, basez-vous sur un seau de maçon (entre 6 et 12 litres) après avoir vérifié la capacité de la machine (90, 120 litres, etc). 1 litre de ciment ou de chaux hydraulique pèse environ 1 kg. 1 litre de chaux aérienne pèse très approximativement 750 g.

Pour le montage des blocs à joints mince, type monomur terre cuite ou béton cellulaire, il s’agit généralement de mortiers de chaux hydraulique faiblement bâtardés, avec une petite dose de ciment blanc. Il est possible dans l’absolu de les composer soi-même mais il est plus prudent de se fier aux produits prédosés (granulométrie des sables, adjuvantation, homogénéité des performances, etc).  

 

Mélanges : La clé c’est l’humidité

Les dosages indiqués considèrent toujours que le sable, et les granulats, dans une moindre mesure, sont secs. Ainsi, 1 m3 de sable sec pèse, selon sa granulométrie, de 1 450 à 1 750 kg, soit, en moyenne, 1,6 tonne. Gorgé d’eau, ce poids passe à environ 2 tonnes. Soit environ 400 litres d’eau par mètre cube.

Ainsi, à volume égal, le sable humide est plus lourd que le sable sec. Ou encore, à poids égal, il y a moins de sable humide que de sable sec.

En conséquence, si vous raisonnez en poids pour effectuer vos dosages, vous risquez d’obtenir un mélange plus gras, plus riche en ciment avec du sable humide.

C’est la raison pour laquelle il vaut mieux raisonner en volume. Dans ce cas, seule la quantité d’eau est à adapter, en fonction de celle déjà contenue dans le sable. 

 

Quelques règles de mise en œuvre

Humidifiez les blocs à maçonner. Sinon, ils aspirent l’humidité du mortier au niveau de la zone de contact, avant la prise du liant, ce qui réduit fortement l’adhérence. 25° 10°

Les maçons le savent : le béton d’hiver (ou le mortier) est meilleur car il met plus de temps pour durcir qu’en été. Mais attention à ne pas descendre en dessous de 5° C, une température à conserver dans les 24 à 48 h qui suivent l’application. Par temps chaud, évitez le soleil direct et/ou des températures supérieures à 30° C. L’idéal se situe dans une fourchette comprise entre 10 et 25° C.

 

Une fois le dosage initial obtenu, ne rajoutez plus d’eau. Cela risque de faire perdre une bonne partie des qualités du mortier (fissuration, pulvérulence, perte de cohésion). Pour améliorer les performances, il vaut mieux ajouter des adjuvants au mélange initial (retardateur, fluidifiant…).

La solidité du mortier doit être inférieure à celle des blocs. C’est à vérifier notamment pour le montage de pierres tendres. Pour celles-ci par exemple, évitez le mortier de ciment. Préférez le mortier de chaux ou bâtard. 


PRATIQUE : Lire les étiquettes des sacs de ciment

 Il s’agit des appellations détaillées dans la norme NF EN 197-1. CEM. Diminutif de cement, ciment en anglais, suivi d’un chiffre romain qui désigne la classe du ciment. Il existe 5 classes. Les ciments les plus courants sont les CEM I, le ciment Portland standard, et CEM II, un ciment Portland composé (cendres, pouzzolanes, fumées, schistes…). 42,5. Désigne la classe de résistance normalisée à la compression au bout de 28 jours. 32,5 (par exemple). Signifie une résistance à la compression de 32,5 MPa (mégapascal). R. Précise une sous-classe de résistance, lente (L), normale (N) ou rapide (R), à deux ou 7 jours. Par exemple, un ciment 32,5 « R » dispose d’une résistance à deux jours supérieure à 10 MPa. PM. Il s’agit de caractéristiques complémentaires, sans importance pour les maçonneries courantes (on trouve aussi les lettres ES et CP).