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C'est l'histoire d'un bloc... de béton

Le bloc béton de granulats courant, pour les polytechniciens, ou bloc béton pour tous les autres, règne en maître dans la construction de maisons individuelles depuis la seconde moitié du XXe siècle. Mais aujourd’hui, cette hégémonie se trouve de plus en plus concurrencée. Alors il s’adapte… 

 

 

 

Quelques exemples de blocs

Le bloc standard à deux ou trois alvéoles intérieures en fonction de son épaisseur.

Le bloc à coller est rectifié pour permettre une pose à joints minces, alvéoles vers le haut. Les profils latéraux permettent un emboîtement à sec. Toute une gamme de blocs spéciaux est disponible pour faire face à toutes les contraintes de chantier.

Le bloc à coller isolé présente des alvéoles remplies d’un isolant (polystyrène ou laine minérale). Il se pose à joints minces et apporte un complément d’isolation thermique qui permet de réduire l’épaisseur finale du mur conforme à la réglementation en cours

Les blocs spéciaux, pour les chaînages verticaux ou demis. Ils évitent d’avoir à recouper les blocs standard.

 

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Le bloc plein, lourd, est utilisé en soubassement ou pour améliorer les performances acoustiques. Existe aussi en version perforée.

 

Les premiers blocs béton préfabriqués sont apparus à la fin du XIXe siècle. L’industrialisation de la fabrication s’est développée pour être au point dès les années 1930. L’âge d’or du bloc béton a débuté avec la reconstruction d’aprèsguerre et s’est prolongé durant les Trente glorieuses. C’est en effet le produit idéal pour construire vite, solide, pas cher et sans complication technique. Ces qualités demeurent, notamment pour le maçon amateur, qui pourra l’utiliser sans complexe pour des petits travaux de maçonnerie, car il tolère bien des erreurs en pose traditionnelle. Aujourd’hui, les exigences de construction ont évolué. La rapidité de construction et l’économie ont laissé la place aux performances thermiques et à leur cortège de spécifications qui remplissent des milliers de pages de réglementation. Sans oublier celles qui ont trait aux règles sismiques. Le bloc béton cale devant ce mur réglementaire. Car ce n’est pas un champion pour l’isolation thermique, pour l’étanchéité à l’air, pour la résistance aux effets de cisaillement, etc. Certes, il existe des béquilles techniques pour compenser certaines faiblesses. Mais il était préférable de revoir l’ensemble du cahier des charges. 

Deux types de pose

Le bloc béton classique se pose à joints épais. Cette technique est aussi appelée hourdage. Elle consiste à monter les rangs de blocs, les alvéoles vers le bas, en les scellant dans un lit de mortier suffisamment épais pour obtenir après calage une épaisseur de joint comprise entre 1 et 2 cm. Les joints verticaux sont remplis après la mise en place des blocs (voir encadré Technique ci-contre). Le réglage de niveau et la longueur du rang sont obtenus en jouant sur l’épaisseur du joint. Plus ou moins de mortier, plus ou moins d’ancrage, et les rangs montent parfaitement d’assise. Mais ce procédé, outre ses limites en construction individuelle, consomme beaucoup de mortier. Il vaut mieux le limiter à de petits travaux, comme les murs et murets de clôture ou de petites annexes (abri technique, garage indépendant…).

En parallèle, le bloc béton a évolué et peut désormais être maçonné à joints minces, comme une brique de terre cuite isolante ou un bloc de béton cellulaire. Pour cela, sa composition a été adaptée. Grâce à des granulats sélectionnés, le bloc béton est désormais calibré et reste cantonné dans des tolérances dimensionnelles strictes. Le bloc est alors posé à l’envers, alvéoles vers le haut et le joint final ne dépasse plus 6 mm. La paroi est plus homogène, plus régulière, étanche à l’air et mieux adaptée aux associations avec une isolation thermique intérieure, extérieure ou répartie. Entre outre, les joints minces n’apparaissent pas sous l’enduit (effet de spectre). Bref, c’est le matériau d’aujourd’hui pour les besoins d’aujourd’hui. En conséquence, ce mode de pose implique une plus grande rigueur car il ne tolère aucun décalage. En outre, il est impossible d’utiliser des blocs béton standard dans ce cas.

Des règles de mise en OEuvre communes

La technique de pose retenue ne modifie pas les dispositions constructives minimales détaillées dans la partie 4 du DTU 20.1. L’épaisseur d’un mur en blocs béton est au minimum de 20 cm s’il est de type I,II ou III, abaissée à 15 cm pour un mur de type IV (voir encadré Normes ci-contre).

Le chaînage des murs porteurs est obligatoire. À l’horizontale, cela concerne la semelle ou le dallage, le niveau des planchers intermédiaires, et le couronnement au sommet. Pour un mur pignon, ce dernier chaînage suit la pente. Dans les angles, le chaînage est continu d’un côté à l’autre en liant les fers entre eux. Les chaînages verticaux concernent tous les angles saillants ou entrants des maçonneries. Pour les grandes longueurs de mur, tous les 20 à 35 mètres selon les régions, il convient de chaîner à intervalle régulier. Ces chaînages sont continus sur toute la hauteur de l’élévation.

Les blocs béton traversés doivent permettent de couler le béton d’armature.

Pour un bloc standard, vous pouvez en découper le fond (ouverture de 10 cm de côté ou de diamètre). Pour un rectifié, utilisez un bloc béton spécial. Le chaînage vertical est constitué d’au moins deux fers de 10 mm de diamètre ou équivalent.

Les chaînages verticaux et horizontaux sont reliés entre eux.

En cours de montage, les joints entre blocs sont systématiquement décalés d’un rang sur l’autre. Le décalage minimum correspond au moins au quart de la longueur du bloc. Habituellement, le tiers est recommandé. En pratique, un décalage d’un demi-bloc est souvent plus simple à gérer. Il est préférable de monter des blocs humides. Cela ne signifie pas qu’ils doivent être trempés dans l’eau et ruisselants. Il faut juste éviter qu’ils soient trop secs. 

 

 

C’est l’histoire d’un type ... de mur

Les murs sont classés en 4 catégories selon leur mode de construction. Le type I n’a pas de revêtement étanche extérieur et de coupure de capillarité dans son épaisseur : la pluie peut s’infiltrer et traverser le mur. C’est le cas de toutes les maçonneries standard ou celles doublées par l’intérieur d’un isolant hydrophile. Le type II n’a pas de revêtement étanche extérieur mais une coupure de capillarité. Dans la catégorie IIa, cette coupure est assurée par un isolant intérieur non hydrophile (doublage en polystyrène par exemple). En IIb, c’est une lame d’air, côté intérieur, qui assure la coupure (contre-cloison ventilée par exemple). Le type III correspond à un type IIb doté d’un système de drainage des eaux d’infiltration vers l’extérieur. Le mur de type IV est protégé à l’extérieur par un revêtement étanche. C’est le cas des bardages par exemple. Ce classement détermine le choix constructif en fonction de l’exposition à la pluie et au vent. En règle générale, les murs de type I ou II conviennent dans la plupart des situations, pour des façades de maisons individuelles de moins de 18 m de hauteur. Pour plus de détails, reportez-vous à la troisième partie du DTU 20.1. 

 

Bourrer le joint ou pas ?

Il n’est pas obligatoire de remplir les joints verticaux des blocs béton standards d’un même rang. Mais ne pas le faire peut créer de nombreux défauts d’étanchéité à l’air qui ont des influences sur l’isolation thermique, le comportement au feu et la création de points de rosée. Ce n’est donc pas obligatoire, mais recommandé. Pour les blocs posés à joints minces, le problème ne se pose pas : les joints verticaux sont emboîtés à sec