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Le mur en béton banché

Béton banché ou l’art du monolithe

 

Le béton banché est un lointain descendant du pisé. L’aiguille vibrante et la pompe à béton ont remplacé le pisoir mais le principe est le même : mouler le mur sur place.

 

La banche, un élément de coffrage vertical, est assemblée en éléments disposés côte à côte sur une longueur entière de mur. Le béton est coulé entre les parois, généralement en une seule fois et sur une hauteur d’étage. Il est vibré de façon à chasser les bulles d’air et assurer une bonne répartition. La composition exacte du béton est choisie en accord avec le fournisseur, en fonction des conditions de chantier (température, plasticité, temps de prise). C’est un mélange à la carte. Cette technique est utilisée pour couler un béton armé. Cette armature concerne toute la masse du mur. Elle se compose généralement d’une ou de deux épaisseurs de treillis métallique plat. En plus de cette armature, les murs sont chaînés au niveau des planchers et des encadrements d’ouvertures. Celles-ci sont obtenues grâce à des réservations (des négatifs des ouvertures) insérées entre les banches. 

 

Mode d’emploi 

Au préalable, les semelles ont été réalisées en béton armé depuis plusieurs semaines. Le réglage de l’épaisseur du mur (entre 15 et 20 cm, jamais en-dessous de 12 cm) est matérialisé par des talonnettes perpendiculaires qui seront noyées dans le béton. Elles ne sont pas indispensables mais sont pratiques pour prévenir les risques de déformation.

Le premier panneau est dressé. Une fois calé à l’aide d’étais et de lests, chargés de compenser la poussée du béton, ce panneau est autoportant. Il est réglé dans les axes verticaux et horizontaux et sur l’alignement.

Un second panneau est associé contre le premier – ils sont généralement boulonnés – puis les suivants jusqu’à couvrir toute la longueur de mur et la hauteur d’un niveau.

L’armature intérieure est mise en place. Des cales maintiennent les treillis soudés dressés devant la banche et règlent l’épaisseur d’enrobage minimale de 3 cm entre le nu extérieur du futur mur et l’armature. L’armature intérieure est plus ou moins complexe, si des ouvertures sont prévues, s’il faut respecter des règles sismiques particulières, etc. Elle est reliée aux fers en attente de la semelle en pied de mur et dépasse en tête pour une liaison future avec les chaînages horizontaux. Le deuxième panneau est mis en place. Le sandwich est maintenu par des entretoises traversantes en forme de cône : ce profil est plus facile à démouler qu’un cylindre. Les entretoises sont traversées par des tiges filetées serrées avec des écrous à oreilles.

Après une dernière vérification, le béton est coulé. Passés quelques jours, après la prise du béton, les banches sont retirées, parfois en deux étapes, un côté pour aérer le béton, puis l’autre côté lorsque le béton est bien pris. Ce procédé réclame une étude technique préalable et la formation des intervenants. Elle ne s’invente pas au petit bonheur comme peut l’être un muret en bloc béton. Elle n’est clairement pas à la portée d’un particulier. Mais tout n’est pas perdu ! Si vous êtes motivé, vous pouvez opter pour les blocs à bancher, plus faciles à manipuler. Ils sont désormais intégrés au même titre que les techniques classiques au DTU 20.1 « Ouvrages en maçonnerie de petits éléments ».  

 

Blocs à bancher : le compromis

Tout d’abord, il ne faut pas confondre le bloc à coffrer et le bloc à bancher. Le premier sert d’accessoire dans le cadre d’une maçonnerie classique et constitue un coffrage pour les linteaux et chaînages. Son profil intérieur ressemble le plus souvent à un U, parfois à un V.

Le bloc à bancher est fabriqué en béton lui aussi et parfaitement calibré. Mais il est creux.
Les rangs sont montés sur une arase bien plane jusqu’à 1,50 m de hauteur (jamais sur une hauteur d’étage entière). Les blocs sont alors remplis de béton, en restant en retrait de 5 cm par rapport au niveau supérieur d’arase. Cela permet d’éviter que la reprise de la coulée suivante soit alignée sur les joints du rang de blocs.

Le bloc à bancher est généralement monté à sec. Mais il peut aussi être assemblé par collage, lorsque les spécifications techniques l’imposent, en zone sismique 3 et 4 par exemple. Chaque rangée est armée de fers horizontaux ainsi que chaque bloc par des fers verticaux. Ils sont associés avec des liens en fil de fer. Toutes les caractéristiques minimales de la maçonnerie, épaisseur, armatures, chaînages sont spécifiées dans le DTU 20.1. Le profil du bloc varie d’un fabricant à l’autre. Ces produits bénéficient souvent d’un avis technique. Cette technique est souvent mise en oeuvre pour l’autoconstruction de piscines traditionnelles enterrées. Elle est économique, limite l’emprise du terrassement et permet un montage sur mesure en fonction de l’emploi du temps.  

 

Versions originales
Le bloc de jonction assure la liaison entre le radier en fond de bassin et la base des murs. Il sert aussi de coffrage latéral avant le coulage du radier.

Le bloc courbe, associé ou pas aux blocs droits, vous permet de bâtir une échauguette en toute simplicité. Le rayon est imposé par la courbure du bloc.

Le bloc pilier est le plus connu. Il vous servira pour monter des piliers de portail en béton armé.

Le bloc tiroir est doté d’une coulisse latérale qui permet d’ajuster le rang à la longueur souhaitée sans nécessité de recoupe (jusqu’à 12 cm).

 

Éclaté d’une banche

Une banche, c’est d’abord deux panneaux de hauteur d’étage plaqués contre une structure très rigide, conçue pour résister à la poussée du béton liquide. La peau coffrante est la face intérieure en contact avec le béton. Elle est très lisse et doit être badigeonnée d’huile de démoulage. Le réglage de l’épaisseur est obtenue à l’aide d’entretoises traversantes qui associent les panneaux en sandwich. Le tout en maintenu et calé en place avec des étais.

1 Plateforme de bétonnage

2 Garde-corps

3 Étai

4 Peau coffrante

5 Entretoise