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Les briques isolantes !

Les briques modernes

La maîtrise de la cuisson de l’argile  remonte à la Préhistoire. Mais fabriquer des briques isolantes est tout de même plus compliqué. Ceux qui se sont essayés à la poterie le savent bien...  

 

La bonne filière  Il faut d’abord préparer  un mélange très précis d’argile,  de sable et même de sciure de  bois, préparé avec juste ce qu’il  faut d’eau. Les pains de briques  crues sont fabriqués par extrusion  de cette masse au travers d’une  filière. Ils sont recoupés en briques  qui sont séchées en soufflerie  pour les débarrasser de toute  leur eau (2 % résiduel). Viennent  ensuite les opérations de cuisson  dans un four maintenu à plus  de 900 °C pendant une durée  qui peut atteindre 36 heures.  Pendant cette cuisson, la sciure se  consume et laisse la place à des  inclusions d’air qui améliorent les  performances isolantes de l’argile.  Après refroidissement, les  briques sont ébavurées, rectifiées  à la meuleuse et dépoussiérées.   

 

Pourquoi tant de peine ?    La terre cuite est minérale, inerte,  insensible aux moisissures. Elle est  incombustible, ne dégage aucune  fibre, particule ou émanation  toxique. Elle assure une bonne  régulation de l’humidité en faisant  office de stockage déphasé. Elle  absorbe l’humidité en excès et  la rend par temps sec. Enfin, elle  affiche une excellente résistance à  la compression.  Ces performances sont partagées  par tous les produits en terre cuite,  jusqu’au pichet et à la cassole.    

 

Les briques isolantes apportent en  plus des caractéristiques d’isolation  thermique. C’est possible grâce à  la structure interne de la brique,  aux alvéoles verticales, continues  sur toute la hauteur de la paroi, qui  permettent à celle-ci de renfermer  un grand volume d’air statique.  Avec des blocs de 30 cm, le  coefficient Up du mur fini atteint  0,37 W/m²•K, ou 0,25 W/m²•K  avec des briques de 42,5 cm  (enduit mortier, brique, enduit  plâtre).  Disposer d’un bloc isolant  ne suffit pas pour garantir les  performances de la paroi.  Par exemple, celles-ci sont  considérablement réduites si les  briques sont posées par hourdage  à joints épais. C’est la raison pour  laquelle, les blocs sont montés à  joints minces horizontaux.

 

Même  le joint vertical est supprimé  chaque fois que c’est possible car  il influe sur le coefficient Up. En  conséquence, cela signifie aussi  que la pose doit être très soignée,  en respectant la continuité de  performances pour le traitement  des points singuliers. Des éléments  spéciaux sont proposés par les  fabricants dans leur gamme  d’accessoires. 

 

À toutes ces précautions,  il faut encore ajouter le savoir-faire  du poseur. Sont interdits  les rattrapages de niveau ou les  rebouchages au mortier, les dalles  de plancher sans rupteurs, les  linteaux banchés sans précaution…  pour résumer, toutes les astuces  de maçonnerie pour compenser  les irrégularités. Car la brique ne  pardonne rien. Sa couleur rouge  rend très facile le repérage des  défauts. Sur un montage correct,  avant l’enduit, vous ne devez pas  voir de trace de mortier de ciment,  au moins en façade extérieure. 

 

Du côté des performances  écologiques, depuis quelques  décennies les fabricants de briques  isolantes cherchent à réduire  « l’énergie grise » nécessaire à  sa production. En particulier les  émissions de CO2 qui ont réduit  de près de 40 % en 30 ans  (1975-2007). 

 

Pour le bruit, les briques ne sont  pas suffisamment performantes et  demandent une isolation spécifique  à l’intérieur du bâtiment pour  répondre aux normes actuelles.  Règles de mise en oeuvre   

 

Les blocs sont humides sans  être ruisselants. Une pince spéciale  permet de les manipuler facilement.  Le premier rang est scellé sur un  lit de mortier réglé de niveau afin  d’obtenir une hauteur de joint finie  de 2 cm.   

 

Les angles sont harpés  en disposant les briques  alternativement dans les deux  directions des murs. Le jour central  permet le coulage des chaînages  verticaux, indispensables, de même  qu’au départ des refends. Les  briques standard ne sont donc pas  admises pour bâtir les angles.    

 

Les chaînages horizontaux au  sommet des murs sont réalisés à  l’aide de briques de coffrage en U.    

 

Pour les passages de planchers  intermédiaires, les abouts de dalle  sont protégés par des planelles  isolantes. 

 

En pignon, les briques peuvent  être recoupées en fonction de  la pente au disque à tronçonner. 

 

En partie courant, les recoupes  dans la longueur des briques sont  possibles mais à éviter. Si elles ne  peuvent être évitées, il convient de  créer des poches dans la tranche  coupée en cassant deux ou trois  cloisons internes qu’il faudra  remplir de mortier bâtard ou isolant. 

 

Pour les fixations dans la terre  cuite, il convient de percer sans  percussion afin de limiter le plus  possible l’éclatement des alvéoles.    

Pour les charges à forte sollicitation  comme des volets battants,  il est préférable de recourir à  des scellements chimiques qui  préviennent les risques d’infiltration  d’air. 

Le mur doit être enduit ou revêtu  sur les deux faces. A l’intérieur, du  plâtre, des plaques de plâtre, ou un  enduit hydraulique OC2. Ce dernier  sera aussi utilisé pour l’extérieur.     

 


BRIQUES ET ACCESOIRES POUR UN MUR RÉUSSI

 

Brique standard. 


Sans elle, pas de mur ! Ses  dimensions sont 37,5 cm  d’épaisseur, 21,9 cm de hauteur  et 27,5 cm de longueur. Il existe  aussi des briques de 42,5 cm  d’épaisseur. 

 

Brique rehausse


Moins haute, elle complète l’arase  sans avoir à recouper une brique  entière. 

Brique d’angle


Elle intègre l’espace nécessaire  pour couler le béton armé des  chaînages verticaux, à lier aux  chaînages horizontaux.    

Brique d’angle variable
Elle  accompagne les fantaisies  architecturales jusqu’à 130 °.    

Brique de calepinage


Comme il n’est pas possible de  jouer sur l’épaisseur des joints  verticaux pour ajuster le rang sur  la longueur (à cause des ponts  thermiques), cette brique s’insère  entre les éléments entiers. La pose  s’effectue toujours des angles vers  le centre du rang. 

Brique de coffrage


En forme de U, pour tous les  chaînages horizontaux. Des  variantes de grande longueur  sont proposées pour les linteaux  de largeur courante, jusqu’à 3 m  environ. Il existe aussi des solutions  pour les coffres de volet roulant. 

Appui de baie et embase de seuil


En terre cuite, ces éléments  limitent la création de ponts  thermiques sous les ouvertures  observés avec les produits  en_béton.   

Brique de tableau ou d’ébrasement 


Elle permet d’obtenir des montants  réguliers, sans recoupe, et recti_és  en fonction du mode de pose  des menuiseries, en nu intérieur ou  en tableau.    

Planelle


Associé à un isolant, cet élément  est placé en about de dalle et  assure la continuité de l’isolation entre les murs et les planchers.