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La brique traditionnelle

Bâtir en brique traditionnelle

 

Et le loup  souffla…     La durabilité d’une construction en briques  est le fruit d’une expérience millénaire, sur  tous les continents, pour tous les types de bâti.  Peut-être lui manque-t-il quelques performances  thermiques. Et pourtant…   

Bien sûr, il n’est pas très  raisonnable de nos jours  d’envisager de remonter la  cathédrale d’Albi, la plus grande  du monde en briques, au fond de  son jardin. Comme à l’époque,  cela coûterait trop cher en  main-d’oeuvre. Et aujourd’hui,  il faudrait prévoir des mesures  complémentaires en matière  d’isolation, en plus de justifier une  durée de chantier sans commune  mesure avec les techniques  modernes. Mais les constructions  en briques d’aspect traditionnel  n’ont pas disparu pour autant.  L’astuce est de construire un  bâtiment banal et de le doubler  d’une façade en briques.  Cette solution est compatible  avec l’habitat individuel. Toutefois,  dans ce cas, il est plus économique  de recourir aux plaquettes de  parement collées.   En revanche,  pour le particulier, la brique  traditionnelle est un matériau  séduisant pour la maçonnerie  extérieure, de l’aménagement de la  terrasse aux murs de clôture. Dans  certaines régions, c’est encore  essentiel !   

 

Quelques conseils préalables

Pour de grandes surfaces,  mélangez les lots si la brique doit  rester apparente pour limiter les  effets de nuançage trop visibles.  Les briques doivent être humides  mais pas trempées. Il faut les  stocker à l’abri des souillures.  Le mortier de montage  traditionnel est un mélange bâtard  d’une part de ciment, une part de  chaux aérienne et 4 à 5 parts de  sable calibré. Gâchez-le en pâte  ferme.  Pour le premier rang, il est plus  facile de régler l’écartement des  joints verticaux en alignant les  briques à sec. Dans la plupart des  cas, cela limite les coupes.  Les rangs suivant sont décalés.  Le joint d’assise mesure au moins  10 mm d’épaisseur.  Les joints sont serrés au fer.  Ils ne sont jamais saillants mais  doivent favoriser le ruissellement  de la pluie. En principe, il n’est pas  nécessaire de rejointoyer pour la  finition. Le cas échéant, le mortier  de pose sera dégarni sur deux  centimètres, durant le montage,  pour permettre le rejointoiement  avec un mélange plus riche, coloré  ou blanc.  Pour un mur porteur, envisagez  une épaisseur de 22 cm.    

 

LES DIFFÉRENTES BRIQUES

 

La brique pleine est la plus  ancienne au point qu’elle sert  d’étalon pour la désignation des  différents appareillages. 


Son format classique est de  5 cm de hauteur (2 pouces),  10,5 cm de largeur pour 22 cm  de longueur. Il peut varier selon  les régions et les habitudes.  Ses arêtes sont régulières,  sans être rectifiées, ce qui lui  permet une pose à joint fin (5-  10 mm) à défaut d’être mince.  Cela étant, certaines briques  d’aménagement extérieur sont  posées au mortier-colle étalé  à la spatule crantée.   

 

Le mulot est une demi-brique  tranchée dans la largeur.

Pour  une demi-hauteur, il s’agira  d’une chantignolle. Dans la  longueur, c’est un briqueton et  il existe aussi des briques ¾  ou ¼, nécessaire pour certains  appareillages.  

 

La moulée main présente  une apparence irrégulière  idéale pour les aménagements  d’aspect rustique.

Comme elle  résiste au feu, elle peut même  servir pour la construction  de barbecues et de cuisines  d’extérieur maçonnées. Elles  sont repressées lorsqu’une gorge  est aménagée sous le plan de  brique. Cela assure un meilleur  ancrage dans le lit de mortier,  un calage facile et permet de  réduire l’épaisseur de joint  visible. Ces briques existent  aussi en pierre reconstituée.   

 

La brique perforée est  la version light car elle est  nécessairement plus légère. 

Les perforations et leur nombre  sont très variables. Outre le gain  de poids, elles permettent un  meilleur ancrage dans le mortier.  Les formats et les emplois  sont les mêmes que  la brique pleine.   

 

 La brique foraine est plate,  de grand format, courant dans  la grande région de Toulouse et  ses environs.

Son format est de  40 x 28 x 5 cm. L’aspect de ses  faces visibles est souvent imité  par les plaquettes  de parement.    

 

La brique creuse s’est  longtemps imposée comme un  matériau de construction moderne  jusqu’à ce que le bloc béton la  détrône avec son  coût de fabrication  imbattable.

    

 

Les produits spéciaux tels  que les boisseaux de cheminée,  les plafonettes (pratiquement  abandonnées) ou la brique de  cloison (plâtrière) permettent de  conserver le même matériau pour  tous les aménagements intérieurs  de la maison.      


Les appareillages  Le format d’une brique est le fruit  d’une longue expérience. Dans  le cas d’une brique pleine, elle  conserve sa résistance quel que  soit le sens de pose.

D’autre part,  le rapport entre hauteur, largeur et  longueur est conçu pour obtenir  des nombres entiers… en tenant  compte de la largeur des joints.  Il n’y a donc pas de limite à  l’appareillage d’un mur en briques,  sauf sa résistance. Mais il est plus  sage de se référer aux expériences  passées.  Les appareils se distinguent par  l’épaisseur du mur, simple (mur  de 11), double (mur de 22), etc.  Une brique posée dans le sens de  la rangée est une panneresse. Dans  le sens de la largeur, c’est une  boutisse. L’appareillage consiste  à alterner panneresse et boutisse  dans les deux axes, sur la longueur  du rang et l’épaisseur du mur, en  veillant à ce que les joints verticaux  ne se superposent jamais d’un rang  sur l’autre, de façon à former des  clés qui rigidifient la structure.    

 

Quelques précautions  à observer : le recouvrement des  joints verticaux est d’au moins ¼  de brique. Il est recommandé de  ne pas descendre en dessous du  tiers. En outre, il n’est pas prudent  de changer d’appareil en cours  de route. Le résultat final risque  de ne pas être très esthétique et  la structure peut être fragilisée.  D’autre part, la pose est à assise  réglée, à rang indépendant. Les  poses sur chant ou verticales  sont à éviter, sauf pour une assise  entière.   

 

UN CAS PARTICULIER : LES MURS EN TUILE

Cette technique traditionnelle se  retrouve dans différentes régions,  en particulier en Franche-Comté  et en Bourgogne. Le principe était  de monter des murs porteurs  à l’économie en achetant des  lots de tuiles mécaniques  déclassées, fréquents compte  tenu des techniques de fabrication  de l’époque. Les tuiles sont  simplement posées d’assise,  scellées au mortier de chaux,  dans le sens de la longueur, en les  tournant d’un rang sur l’autre. Les  façades étaient enduites.      

 

FAIRE : LA MAÇONNERIE EN BRIQUES CREUSES

Les blocs isolants aux alvéoles verticales ont remplacé la brique creuse  traditionnelle pour la construction de bâtiments chauffés. Mais cette  dernière conserve toutes ses qualités pour les ouvrages secondaires  qui n’ont pas besoin d’être isolés. Elle est aussi très économique pour  le montage des cloisons de distribution et des murs non porteurs à  l’intérieur des bâtiments.  

 

 1- Comme d’habitude,  le premier rang est scellé  dans un lit épais de mortier  après avoir mis en place et  calé les blocs de tête aux  extrémités du rang, puis tendu  un cordeau d’alignement.   

 

2- La pose s’effectue à bain soufflant.  Cela consiste à étaler une couche  de mortier deux fois plus épaisse  que le joint prévu, puis à ancrer la  brique dans le lit en l’ajustant, en tapant  dessus avec le manche de la truelle,  tout en recueillant les reflux de mortier.  Les joints verticaux, épais  également, sont garnis  de mortier bourré  à la truelle.     

 

3- Les découpes sont réalisées  au disque à tronçonner ou au marteau  de briqueteur. Dans le sens de  la longueur, les alvéoles permettent  de calibrer les saignées et les  encastrements. Les trous, chocs  et défauts de découpe sont  rebouchés au mortier de montage.  Même pour un bâtiment  annexe, il est recommandé  de respecter les prescriptions  du DTU 20.1, au moins en ce  qui concerne les chaînages  horizontaux (arase et linteaux).  Fondez-le sur des semelles  filantes armées.