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24/04/2015 - À LA UNE

Insolite : L'histoire secrète de la douche

C’est une histoire d’eau. On en retrouve les premières gouttes sur les mosaïques des thermes romains, on la fait ruisseler aujourd’hui sur les carrelages de nos douches à l’italienne...

Selon la version officielle, consacrée par le Petit Larousse depuis son édition 2000, la douche a été inventée en 1872 par le médecin-chef de la prison Bonne-Nouvelle, à Rouen. Et pourtant… le premier homme qui éprouva le plaisir de la douche devait être préhistorique : il suffisait de la magie d’une cascade ! Dans l’Antiquité, on n’a pas oublié ce bonheur primitif… Mais on va le perfectionner : un esprit sain dans un corps sain, telle est la devise hygiéniste de l’époque. Après l’exercice, les gymnastes grecs peuvent donc s’ébrouer sous un jet d’eau glacée, qu’il soit déversé sur leur tête par un esclave, ou en continu par la gueule de gargouilles sculptées.On en a retrouvé des traces datant du Ve siècle après
Jésus-Christ, à Delphes. Comme on sait, d’après fresques et mosaïques grecques ou romaines (mais aussi égyptiennes), il existait un équivalent des cabines et du pommeau !

 

LA DOUCHE GLACÉE DE L’ANTIQUITÉ
Ma douche ? Je la prendrai bien froide, auraient pu exiger athlètes et gladiateurs de la Rome Antique. Un minimum pour leur virilité. Tonique, ascétique, revigorante, elle va de pair avec le culte d’un corps sain et vigoureux. Mais les Romains, outre la plomberie, ont aussi inventé l’eau chaude. Et tandis que les établissements thermaux se multiplient dans tout l’Empire, immenses, gratuits et accessibles à tous (les thermes de Dioclétien, inaugurés en 300 après J.-C., pouvaient recevoir plus de 3000 baigneurs sur plus de 150 000 m2 !) les moeurs se relâchent, les corps s’amollissent dans les caldarium, vastes et chaudes baignoires… tandis que la douche, peu à peu, se noie dans l’oubli. Ainsi sombre l’Empire romain, dans les vapeurs de bains démocratiques et décadents. La religion chrétienne condamne ces lieux d’ablution mais aussi de délassement, de jeux et de rencontre, qu’elle juge propices à la débauche. Ces plaisirs gratuits deviennent défendus...

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D’où vient le mot douche ? Orthographié doulche, douge ou douche depuis le XVIe siècle, il vient de l’italien doccia, lui-même dérivé du latin ductio, conduite (d’eau).


QUELQUES GRANDES DATES

Ve siècle av. J.-C. L’histoire des bains publics commence en Grèce avec la pratique de l’athlétisme. La Rome antique, dont les ingénieurs maîtrisent déjà les principes de la distribution d’eau, va développer ces thermes.

1597 Jean Pidoux, médecin à la Cour du roi sous Henri III, publie un ouvrage intitulé La vertu et usage des fontaines de Pougues (une ville d’eaux) et administration de la douche : il y recommande cette pratique, mais se heurte à l’hostilité du corps médical.

1761 Les Bains de Poitevin, établissement de bains chauds, ouvre à Paris : il est composé de petites cabines réparties de part et d’autre d’un bateau et alimentées en eau pompée dans la Seine. Mais à trois livres le bain, il est réservé à l’élite.

1827 Le physicien français Marc Seguin invente la chaudière tubulaire, ancêtre du chauffe-bain, qui se démocratisera avec l’arrivée du gaz dans les logements privés, à la fin du XIXe siècle.

1872 Le docteur François Merry Delabost, médecin-chef de la prison de Bonne-Nouvelle, à Rouen, imagine un système de douches pour ses détenus, qui sera adapté par d’autres administrations avant de parvenir au grand public sous la forme d’établissements de bains-douches.

1887 Le premier établissement public de bains-douches ouvre à Vienne, puis dans le reste de l’Autriche où ils se répandent. La pratique se propage en Allemagne.

1892 Création à Bordeaux de l’Œuvre des bains-douches à bon marché, présidée par le maire, dont la devise est « propreté donne santé ».


1899 Le 20 mai, les premiers bains-douches parisiens ouvrent au 49 de la rue de Bretagne : ils ne fermeront leurs portes qu’en 1985.

Comment fonctionnaient les premières douches ?

Le système mis en place à la prison de Rouen utilisait une machine à vapeur, un réservoir inutilisé de 1200 litres et deux vastes réservoirs d’eau froide. La vapeur était utilisée pour chauffer le premier réservoir, mais aussi trois pièces contiguës où se trouvaient les douches, ainsi qu’une salle d’attente et des vestiaires. L’eau des deux réservoirs (chaude et froide) était acheminée par des tuyaux jusqu’à la salle de douches. Dans ces dernières, huit stalles séparées par des cloisons en planche (ancêtres de la cabine) étaient surmontées par huit pommes d’arrosoirs. Ces derniers étaient reliées par des tuyaux au conduit commun provenant des réservoirs, lui-même muni d’un robinet, pour actionner ou interrompre la douche : tâche dévolue aux surveillants. 
Il fallait donc une dizaine d’heures pour laver les 1000 prisonniers avec 10 fois moins d’eau.