Guide de la maison
"Tous nos conseils pour vous guider dans vos travaux"
Partagez sur Facebook Twitter Partager par e-mail Lancer l'impression

01/12/2014 - INSPIRATION

Appartement de campagne

Rien n’arrête la nature ! Ici, elle a envahi balcons et terrasses de cet appartement parisien. Potager, arbres, orchidées presqu’à l’ombre de la tour Eiffel. De quoi aimer la ville… (Photos A. Rinuccini)

Ici on jardine sur le sol des balcons et verticalement sur leurs rambardes. «Pas une mince affaire », se souvient le pépiniériste Patrick Nicolas. «D’abord pour des raisons de bruit. Dans cette résidence, les plages horaires pour aménager le jardin sont réduites à moins de 5 heures par jour : entre 10h et 12h et de 14h à 16h30.» Et pourtant le travail est important. Les rambardes qui mélangent pierres et plexiglas, dans un pur style seventies, disparaissent sous une couverture végétale. Comment ? «Nous avons d’abord créé une barrière entre la rambarde et la végétation en fixant des parois en polycarbonate», explique Patrick Nicolas. C’est sur ce support qu’est posé un feutre épais qui peut recevoir des poches de plantation. Elles sont agrafées, contiennent le terreau et la plante. En l’occurrence de l’helixine qui épouse les formes du support d’où ces effets de boules. Au sommet de ce petit mur végétal de fougères, court un mini arrosage discret. L’eau dégouline, nourrit les plantes et le trop plein est récupéré par un bac posé au pied de la rambarde. Une pompe de relevage permet à l’eau de se répartir dans le circuit d’arrosage.

Au sol, les dalles gravillonnées sur plots sont purement et simplement retirées avant que l’étanchéité d’origine ne soit entièrement reprise avec la pose cette fois d’un feutre anti-racine. Un chemin de lames en bois installé sur des plots traverse le jardin. De chaque côté, le terreau est posé sur une épaisseur de 20 centimètres sans oublier des drains gravillonnés chargés d’évacuer rapidement les eaux de pluie, sans surcharger le balcon. Cette notion de poids constitue d’ailleurs, avec l’étanchéité, les deux points les plus sensibles de cette installation. Ici, le retrait des lourdes dalles du sol a donné beaucoup de marge aux paysagistes pour charger à nouveau les balcons. La culture au sol est dévolue au potager miniature. D’ailleurs, côté cuisine, comme dans une métairie, l’évier est sous la fenêtre ce qui permet d’avoir un oeil sur ce potager.

Sur les toits, c’est une terrasse, sorte de solarium destiné à être recouvert par une véranda qui attendait les paysagistes. Là encore les bacs en béton d’origine sont cassés et retirés avant de poser une terrasse en lames de bois sur plots et une végétalisation d’une partie des rambardes. Particularité : la plantation est quasi tropicale puisque le lieu est fermé, on y trouve donc des orchidées et autres spathiphyllum. Ailleurs, là où la végétation n’est pas nécessaire, les décorateurs ont eu l’idée astucieuse d’ajouter des images de parcs en trompe-l’oeil avec quelque fois en premier plan de véritables plantes. «C’est en jouant sur les couleurs de la véritable végétation que l’effet est aussi bien réussi», explique le pépiniériste. Et de fait cet appartement a des petits airs de palazetto au coeur de Paris et ferait presque croire que la tour Eiffel est au bout de son propre jardin.

Promenez-vous dans cette campagne parisienne ! Crédit Photos : Arnaud Rinuccini