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04/08/2015 - INSPIRATION

Riad à la française

Apprivoiser la ferronnerie pour transformer un ancien moulin à huile en riad à la française...

Entre cour intérieure et salon/cuisine d’une hauteur de plus de 6 mètres, deux arches soutiennent des verrières façonnées au millimètre près.

Texte : Laurence Dougier, Photos Nicolas Mathéus

Pour épouser les courbes, un spectaculaire travail de ferronnerie a été conçu par l’architecte d’intérieur et propriétaire Marie-Laure Helmkampf. Une oeuvre d’art que cet ancien mannequin résume en souriant : « Dans ce vieux moulin à huile typique de cette région du Gard, j’ai eu la chance de retrouver une arche majestueuse. J’ai dessiné à l’identique sa jumelle qui m’a permis de créer une ouverture quasi totale sur le jardin et sa piscine. Des carreaux géants de 1 mètre sur 1 mètre assurent un effet très contemporain avec à chaque heure du jour un nouveau reflet, un autre effet, une surprise.» L’été, les portes sont ouvertes pour la fluidité et la liberté des mouvements. L’hiver, ces ouvertures assurent transparence et beau soleil du Midi à une pièce à vivre entièrement vêtue de blanc.

Réhabilitée dans un esprit loft, la maison s’articule autour de ce gigantesque épicentre de quatre-vingts mètres carrés pour accueillir la vie de famille. Les murs sont apparents en pierre, le mobilier design aux lignes simples à la blancheur immaculée délivre son message : less is more (nldr : Moins, c'est plus). Un minimalisme revendiqué avec d’autant plus de force par Marie-Laure et son Américain de mari. Le couple a vécu près de 15 ans aux États-Unis avant de s’installer ici. New York, ses buildings, sa foule et sa vie trépidante… Il arrive que l’on réclame un peu de zen et d’épure après pareille aventure.

Marie-Laure est native des pins, cyprès, ciel azur et ruelles tortueuses du Midi. Ce retour aux sources, elle l’a voulu après une formation à la très célèbre Parson School of Design de Big Apple et une expérience acquise auprès d’une clientèle avertie et scrupuleuse. Pleine d’entrain et heureuse de retrouver sa terre natale, elle n’a eu aucun mal à dénicher sa future habitation avant de se lancer dans sa rénovation haute couture. Le moulin était en ruine, et après des travaux pharaoniques ce sont, au total, 240 m2 au sol qui se déploient dans une approche très sensorielle entre sérénité et lumière. La cuisine témoigne d’une simplicité d’exécution astucieuse, avec ses éléments dessinés par Marie-Laure et réalisés sur mesure en chêne massif avec un plan de travail en pierre blanche.

À l’écart, un large bureau a été aménagé face à la vertigineuse verrière. Baigné de lumière, ce coin studieux fait office de salle à manger pour les grandes tablées. À l’étage sont disposées quatre chambres. Les deux filles partagent une belle salle de bains teintée de prune du sol au plafond. Située au-dessus du bureau, la pièce d’eau des parents bénéficie de la verrière et plonge ainsi dans le ciel. Imaginée comme une cabane perchée au-dessus de la pièce centrale, la chambre d’amis, elle, domine la vie de famille à plus de cinq mètres de haut.

 

Soucieux de parfaire l’ensemble dans une belle unité de tons et de style, le couple a choisi de minimiser la couleur au rez-de-chaussée et d’accentuer au contraire les teintes sourdes et profondes à l’étage. Le choix des matériaux – parquet de chêne, pierres à nu, ciment naturel, métal brut – contribue grandement à un brassage harmonieux entre modernité et tradition. « On se sent immédiatement hors du temps dans cette maison, ajoute Marie-Laure, comme porté par la modernité des volumes et le charme de leur origine agricole. » Ainsi l’auge pour les chevaux, la meule ou les caves à huile n’ont pas disparu lors du chantier. Elles cohabitent avec une déco pointue pour le bonheur d’un esprit loft-grange très bohème chic.

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