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Tout sur l'eau de pluie et sa récupération

Bon à savoir

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Longtemps, la récupération des eaux de pluie s'est limitée à la mise en place d'un gros bidon sous le tuyau de descente de la cabane du jardin, afin de disposer à proximité d'un peu d'eau pour arroser les salades. En France, elle n'a jamais concerné l'alimentation humaine, celle-ci étant fournie par les eaux de surface (sources, rivières, lacs) ou profondes (puits). La récupération des eaux de pluie est avant tout un geste citoyen de préservation des ressources, qui s'inscrit dans un cadre plus général de réduction des gaspillages. Ainsi, elle n'a de sens qu'à la condition que d'autres mesures soient engagées pour réduire les consommations d'eau (changements d'habitudes, électroménager économe, réducteurs de débit, etc.).

La récupération de l'eau de pluie faisait bénéficier d'un crédit d'impôt mais c'est terminé et le seul avantage réside depuis 2014 dans un taux de TVA réduit à 10 %. Renseignez-vous cependant en mairie car il peut exister des aides locales. Le principe est simple, puisqu'il suffit de placer une dérivation sur la descente de gouttière, couplée à un réservoir muni d'un trop-plein.

Pour un usage extérieur, une cuve de 1 à 3 m3 est amplement suffisante. Elle est posée devant la descente, après vérification que le sol résiste à la charge (3 t). Une fondation de béton est recommandée.

Pour un usage plus complet, dans la maison notamment, l'eau collectée passe dans un premier filtre qui retient les plus grosses particules. Elle remplit la cuve au moyen d'une buse spéciale, afin d'éviter les remous. Le trop-plein évacue les débris flottants. L'eau de pluie est aspirée par une pompe équipée d'une crépine filtrante.

La cuve, en polyéthylène ou en béton, est enterrée dans une fouille creusée au plus près de la maison, mais à l'écart des zones de circulation, tout en restant accessible aux engins de terrassement. La trappe de visite doit affleurer le niveau du sol. En général, la cuve est posée sur un lit avec des remblais latéraux de sable. Plusieurs cuves peuvent être branchées en série.

  Exemple de cuve

La Direction Générale de la Santé rappelle que le code de la santé publique impose l'utilisation d'eau potable pour tous les usages domestiques, y compris le lavage du linge et les WC. Elle estime que l'eau de pluie, du fait de sa composition et de son stockage, n'est pas potable.

 

Que faire de l'eau de pluie collectée ?

L'eau de pluie devrait être réservée au lavage des sols, des voitures et à l'arrosage, et éventuellement aux WC, à condition de ne pas utiliser de cuve en béton, de vidanger le premier remplissage, de séparer ce réseau de celui de l'eau potable (disconnexion totale et points d'utilisation séparés) et de déclarer le tout en mairie. Grosso modo il n'est pas question que l'eau de pluie puisse "remonter" et contaminer les réseaux d'eau "normaux".  L'arrêté du 21 août 2008 relatif à la récupération des eaux de pluie autorisait même de se servir de l'eau de pluie "à titre expérimental" pour le lave-linge mais avec de conditions de traitement de l'eau et de déclarations multiples telles que rares seront les adeptes. De façon générale, si l'eau est rejetée à l'égout, la redevance d'assainissement est acquittée en fonction du volume collecté.

Notez que la part d'utilisation de l'eau pour l'hygiène et l'alimentation représente environ 55 % du total (dont 1 % seulement pour la boisson). Ce qui laisse une bonne marge pour l'utilisation de l'eau de pluie pour toutes les autres applications.

La moyenne des cumuls annuels des précipitations est disponible sur plusieurs sites Internet, dont celui de Météo France. Elle varie en métropole de 300 à 1 300 mm, avec une valeur générale moyenne d'environ 700 mm. Multipliée par la surface au sol de votre maison, cela vous donne une indication de la quantité maximale de pluie que vous pouvez collecter.

Notez aussi qu'il n'est pas nécessaire que le réservoir dépasse en volume la quantité de pluie qui peut tomber sur un mois ou deux. Il est inutile de collecter toute l'eau possible. Il n'est pas nécessaire, enfin, de disposer d'une réserve permanente, sauf si une autonomie complète est recherchée. Car les précipitations varient considérablement d'une saison à l'autre, à l'inverse des besoins. Ainsi, les précipitations sont soutenues durant la période hivernale, mais les besoins sont plus importants l'été. À titre indicatif, une cuve de 5 à 8 m3 convient pour une famille de 4 personnes possédant un jardin de moins de 1 000 m2.

 

Quelle cuve choisir pour la récupération d'eau ?

L'arrêté du 21 août 2008 précise que le réservoir est non translucide, protégé contre les élévations importantes de température, et résistant aux variations de remplissage. Il doit être fermé, recouvert d'un couvercle solide et sécurisé, comporter un dispositif d'aération muni d'une grille antimoustiques, être équipé d'une arrivée d'eau en fond de cuve, d'un système de trop-plein muni d'un clapet anti-retour, être vidangeable, nettoyable intégralement et permettre d'avoir un accès manuel en tout point de la paroi. Sont exclus les systèmes de stockage réhabilités, comme les anciennes cuves à fioul ou les fosses toutes eaux, ainsi que le stockage des eaux de pluie à l'air libre. En résumé, il est plus sûr d'acheter un réservoir conforme à la réglementation, plutôt que de le bricoler soi-même.

Le stockage aérien consiste à placer un bac sous la descente d'eau pluviale, qui se remplit automatiquement dès qu'il pleut. Le récupérateur d'eau se monte facilement sur la descente. Il est équipé d'un filtre pour retenir les plus gros débris et, parfois, d'un trop-plein. Les réservoirs ronds ou rectangulaires en polyéthylène sont posés au sol. La contenance est limitée à quelques milliers de litres, même s'il est possible de les monter en série. Installés en hauteur sur un socle et équipés d'un robinet, ils facilitent le remplissage de l'arrosoir. Ils peuvent aussi être équipés d'une pompe. Ces réservoirs doivent être vidangés et maintenus vides durant l'hiver, pour prévenir des dégâts dus au gel.

La cuve enterrée impose des travaux de terrassement. Mais elle est plus discrète, souvent de plus grande contenance, et utilisable toute l'année, contrairement à la solution aérienne. Vous avez le choix entre les modèles en béton ou en matériau de synthèse (polyéthylène, polyester…). Les caractéristiques alcalines du béton ont pour effet d'adoucir l'eau de pluie et de limiter la présence de calcaire. Mais la surface du béton étant rigide, les impuretés s'accrochent rapidement sur les parois. Il faut donc nettoyer très régulièrement la cuve.

Dans la cave ou le garage, les cuves en polyéthylène trouvent leur place. Modulables, peu encombrantes, légères, elles peuvent se monter en batterie pour accroître la capacité de stockage. Les cuves enterrées, quel que soit le matériau choisi, offrent l'avantage de pouvoir stocker l'eau pendant les périodes sèches.

 

L'eau de pluie : questionnaire vrai ou faux ...


L'eau de pluie est pure. C'est faux. Car elle véhicule les polluants atmosphériques, ceux du réseau de collecte (tuiles, gouttières) et ceux du stockage (plastiques, ciments). Il ne suffit pas d'habiter en pleine campagne pour être à l'abri. Exemples : les poussières des volcans font le tour de la planète et certains pollens ne sont pas inoffensifs. D'autre part, le stockage prolongé n'améliore pas le bilan sanitaire de cette eau, surtout par temps chaud. Ce qui est vrai, c'est qu'elle est faiblement minéralisée et légèrement acide. Ainsi, l'eau de pluie n'est pas potable et ne peut pas être considérée comme une alternative à l'eau du réseau, même si celle-ci est notoirement de mauvaise qualité.

L'eau de pluie est gratuite. C'est vrai, à condition de ne pas compter les frais d'installation. Or, plus cette dernière est sophistiquée, plus son coût de revient et d'entretien (énergie, consommables…) est élevé et ne présente aucune économie par rapport au réseau de distribution collectif.

L'eau de pluie est exonérée de taxe. C'est vrai, mais seulement tant qu'elle n'est pas utilisée. Car la réglementation française – la loi sur l'eau en particulier –oblige à traiter les eaux usées, soit par raccordement à l'égout, soit par l'installation d'un assainissement autonome réglementaire (fosse toutes eaux). Dans les deux cas, des redevances sont prévues.

Le stockage est un nid à moustiques. Si l'installation est correctement réalisée, ce n'est pas le cas, même si cela ne peut être totalement exclu. En cas d'infestation avérée, vous devrez vidanger la cuve et la sécher entièrement.

 

 

BON A SAVOIR : Récupérer l'eau dans les règles

Des arrêtés ministériels du 21 août et du 17 décembre 2008 réglementent la récupération des eaux de pluie. Depuis le 1er janvier 2009, tout dispositif de prélèvement - puits ou forage compris –- destiné à obtenir de l'eau pour un usage domestique, doit faire l'objet d'une déclaration en mairie. La DDASS vous demandera en retour de remplir certaines obligations :

- Identifier les réseaux de plomberie de la maison : “eau de pluie” et “eau de ville”.

- Poser une plaque de signalisation comportant la mention “eau non potable” et un pictogramme explicite à proximité immédiate de chaque point de soutirage d'eau de pluie.

- Poser des appareils pour sécuriser l'installation (filtration, disconnecteur, robinet d'eau de pluie verrouillable…).

- Produire une fiche de mise en service attestant de la conformité de l'installation, établie par le responsable de la mise en service de l'installation.

- Entretenir l'installation régulièrement et tenir à jour un carnet sanitaire avec un plan de l'installation, les dates d'entretien, etc.

 

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