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De l’arbre à la menuiserie, histoire de débits

Technique

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L’arbre change de nom d’un coup de tronçonneuse. Cela devient du bois. Il va être entièrement mis en oeuvre, utilisé à 100 %. Le propos n’est pas de décrire la totalité des transformations possibles, tant elles sont vastes. Les plus simples regroupent tout ce qui a trait à la valorisation des déchets de coupe, du type BRF (bois raméal fragmenté, broyé) ou compost pour l’amendement des sols. Vient ensuite la valorisation directe comme les piquets de clôture ou le bois de chauffage. Puis l’exploitation noble pour les applications en menuiserie qui sont détaillées ci-dessous. Ainsi, la totalité de l’arbre est exploitable, à défaut d’être exploitée (construction, ameublement, énergie, papier, tonnellerie, …).

En effet, quantité de rebuts issus de l’exploitation forestière ne sont pas valorisés. Car si les solutions techniques existent, elles ne sont pas toujours rentables. Par exemple, il est possible d’arracher les souches, pour les broyer, les utiliser en chaufferie ou en guise de paillage. Il existe même des réseaux de collecte pour les souches propres, débarrassées de la terre ou autres corps étrangers. Mais cela ne concerne que les travaux paysagers dans les jardins et les espaces publics. En forêt, cela coûte trop cher.

 

De l’arbre à la scierie

La première étape de valorisation de l’arbre consiste à le choisir en forêt (martelage). Cela dépend de son diamètre, de sa qualité et de son emplacement par rapport aux arbres environnants. Les bois sont achetés abattus ou sur pied. Le cubage de l'arbre (mesure de son volume) est le fait de l'acheteur approuvé ou pas pas le groupement forestier.

L’abattage peut être mécanisé mais s’effectue encore souvent à la tronçonneuse. L’arbre est façonné sur place en étant débarrassé des branches, de la cime, et de toutes les parties qui ne sont pas exploitées. L’arbre devient alors une grume qui est sortie de la forêt jusqu’en bord de route (débardage).

 

A la scierie

A leur arrivée, les grumes sont stockées et réparties selon leur destination. Les bois de faible diamètre partent à la fabrication de panneaux, de pâte à papier, de poteaux, de charbon ou sont valorisés en bois énergie.

 - Pour fabriquer les panneaux, le bois subit une trituration qui le réduit en particules plus ou moins fines. Celles-ci sont ensuite traitées et agglomérées par collage et pressage à chaud.

- Pour la pâte à papier, il est déchiqueté puis trempé et traité pour isoler la cellulose, elle-même raffinée, blanchie…

- Le charbon de bois est obtenu par combustion lente et contrôlée, à l’abri de l’air.

- Le bois énergie est proposé en plaquettes calibrées et séchées, principalement pour les chaufferies, ou en granulés pressés, les pellets.

 

La transformation du bois crée de nombreux sous-produits, de l’écorce à la sciure, qui sont tous valorisés, pour la fabrication de panneaux, de papier ou de bois énergie. Evidemment, la principale valeur ajoutée dépend de la grume elle-même, et plus particulièrement du centre du tronc, le bois de coeur ou duramen, débarrassé de son écorce et de son aubier, la partie plus tendre sous l’écorce.

La grume s’appelle alors une bille. Elle peut être débitée de trois manières différentes : 

- Le déroulage consiste à découper le tronc avec un « taille-crayon géant », une dérouleuse, pour obtenir des placages, utilisés comme tels ou réassemblés en contreplaqué.

- Le tranchage est réalisé dans le sens du fil avec un gros rabot. L’épaisseur des feuilles varie de 0,1 à 5 mm. Elles servent au placage comme à la fabrication d’emballage, les cageots ou les boîtes de fromage.

- Enfin, le sciage permet d’obtenir tous les autres types de bois d’oeuvre, des plus grosses poutres aux baguettes les plus fines. Avant de passer dans la scie circulaire, les bois sont généralement tronçonnés, en fonction du diamètre, des longueurs souhaitées, voire des défauts à éliminer.

 

Débit premier, débit second 

La grume, ou la bille, est d’abord recoupée en éléments qui ne comportent, au mieux, que deux faces sciées. C’est le débit premier.Ces éléments sont ensuite retravaillés pour obtenir les pièces recherchées. Tout d’abord, la grume peut être retaillée selon deux méthodes :

Le débit sur plots ou sur dosse consiste à trancher le bois en plateaux. Ceux-ci sont ensuite empilés, en intercalant des cales (des épingles), pour former un plot. Le bois est ensuite laissé à sécher, soit à l’air, soit en séchoir. Les dosses sont les plateaux externes, généralement inutilisables. On distingue aussi la contre-dosse, tout de suite après, puis la fausse-dosse. Viennent ensuite les plateaux du centre de la bille, le faux quartier puis le quartier. Les plateaux peuvent être d’épaisseur identique ou adaptée pour tirer le meilleur parti de la bille. En revanche, ces épaisseurs sont normalisées. Il y en a 17, réparties de 8 à 120 mm. Les épaisseurs possibles dépendent de l’essence de bois. Par exemple, si le chêne, le hêtre ou le noyer peuvent être tranchés sur toute la gamme, le châtaignier est limité entre 15 et 75 mm, le robinier entre 65 et 120 mm, etc. 

 

 

Le débit sur quartier consiste à recouper la bille en quatre puis chaque quartier est refendu en plateaux, alternativement d’un côté de l’angle puis de l’autre. Cette technique produit un déchet important. Différentes variantes visent à les limiter, en optimisant le sciage (débit hollandais, débit Moreau…). Il existe également le débit sur maille qui consiste à scier la bille en parts comme celles d’un gâteau (débit radial) tout en cherchant à conserver une épaisseur constante. Autrefois, le choix du débit était affaire d’expérience. Aujourd’hui, les machines numériques remplacent en deux clics ce savoir-faire qui reste pourtant prédominant lorsqu’il s’agit de bois noble, pour des réalisations d’exception (débit sur liste).

 



L’étape suivante

Chaque plateau repasse sur le banc pour abattre les flaches, c’est-à-dire les bords inutilisables. Ce sont des bois délignés. Si les deux nouveaux traits sont parallèles, le plateau dispose alors d’une section parallélépipédique. Il s’agit alors de bois alignés parallèles. Les dimensions de ces bois avivés sont évidemment normalisées : leur largeur dépend de leur épaisseur et de leur destination. C’est seulement à partir de cette étape qu’il est possible de parler de planches, de chevrons, de bastaings, de madriers, etc. 

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